LAURENT GBAGBO AU COLLOQUE DE YAMOUSSOKRO

Publié le par LEBAPTISTE

Cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire / Laurent Gbagbo au colloque de Yamoussoukro : “Si  je suis élu président de la République,

                               je vais développer notre armée”

 

Le chef de l’Etat ivoirien a fait, hier à la clôture du colloque international et pluridisciplinaire sur le cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, la promesse de développer la défense nationale de son pays s’il était réélu. “Chers amis, nous avons fixé, ce matin, la date de l’élection présidentielle. Si je suis élu président de la République, je vais développer notre armée. je vais développer notre défense. Je vais développer nos instruments de défense. Et on ne se fera plus donner les conseils pour savoir où nous devons mettre notre argent. Je crois qu’avec la crise que nous avons traversée, nous-mêmes savons où on doit mettre notre argent”, a déclaré le président Laurent Gbagbo dans une salle archicomble de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Où pendant 5 jours, des universitaires venus d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique avec leurs collègues ivoiriens ont engagé la réflexion sur l’indépendance en Afrique subsaharienne et ses perspectives.


Laurent Gbagbo dit avoir compris, quand il y a eu la guerre dans son pays et qu’il a demandé à la France de faire jouer l’accord mutuel de défense et de coopération militaire, pourquoi on lui conseillait surtout de se consacrer à la construction de salles de classe, de dispensaires ou à faire des routes. “C’est vrai qu’on a besoin de tout ça, mais en même temps, quand vous les regardez, ils dépensent beaucoup d’argent pour entretenir leurs armées et leurs armes”, a-t-il fait remarquer. Pour le chef de l’Etat, si les pays les plus développés au monde ont les armées les plus puissantes, il a choisi d’être désormais maître de son destin, du développement de la Côte d’Ivoire. “Le seul moyen pour être maître de son développement économique, c’est d’avoir une défense qui soit capable de repousser toute agression ennemie”, a-t-il indiqué.
Laurent Gbagbo a aussi choisi la clôture du colloque international et pluridisciplinaire sur l’indépendance de son pays pour faire observer que si les partis uniques, ont prospéré partout dans le monde et surtout en Afrique pendant les 50 premières des indépendances africaines, c’est parce qu’ils étaient liés à la guerre froide. Entre l’Est et l’Occident. “L’Occident avait intérêt à ce que ses terres africaines restent avec les dirigeants qu’il avait formatés. L’Est avait intérêt que ses terres africaines restent avec les dirigeants qu’il avait formatés”. Mais avec l’écroulement du mur de Berlin en 1989, les partis uniques ou les régimes qu’il a qualifiés de liberticides ont commencé à disparaître. Et commence alors ce que le chef de l’Etat ivoirien appelle la deuxième étape de l’histoire des indépendances africaines. “Parce qu’en cascades, les régimes de multipartisme remplacent les régimes de parti unique. Ça se passe plus ou moins bien, ça se passe plus ou moins violemment, mais les régimes des partis uniques disparaissent”, a rappelé Laurent Gbagbo. Aux nostalgiques, il rétorquera que le parti unique n’était pas une bonne chose. “Avant, ce n’était pas bien”, leur dira-t-il. Pour le président de la République de Côte d’Ivoire, on ne peut pas dire que lutter contre les libertés individuelles et collectives est une bonne chose.


C’est pourquoi il invite les Africains à bien saisir et bien comprendre la nécessité de la démocratie. Elle ne doit donc être une imitation de ce qui se passe en Occident. Elle doit être vue comme la seule alternative qui s’offre à eux lorsqu’il faut choisir un dirigeant. L’Afrique étant multiethnique et même multiraciale avec des cultures différentes, les Africains sont obligés de trouver un trait qui les rassemble pour choisir. Et ce choix pour Laurent Gbagbo, c’est le choix de la démocratie. Laurent-Gbagbo-k-2.jpg
Au plan économique, Laurent Gbagbo s’est demandé pourquoi l’Afrique est le seul continent où l’agriculture ne nourrit pas les citoyens. Pour le chef de l’Etat ivoirien, c’est que malgré l’indépendance, les pays africains continuent de faire l’économie de l’ancienne métropole qui n’est pas concurrentielle. On ne met pas l’accent sur la culture vivrière, on fait d’abord le café et le cacao pour le cas ivoirien. Alors qu’en Occident, dira-t-il, aucun paysan ne peut mourir de faim car il consomme le blé qu’il produit. “Je veux même lancer une politique pour accroître notre capacité de production en café et en cacao. Mais il faut que l’agriculture africaine serve à nourrir les Africains”, a-t-il appuyé.


Le président Gbagbo ne comprend pas que les Européens se soient battus pour maîtriser l’énergie et qu’ils engagent des débats pour savoir quelle est l’énergie la plus propre, l’Afrique n’a rien. Et pourtant, a regretté Laurent Gbagbo, ce continent a tout ce qu’il faut pour avoir de l’Energie en abondance. “Nous avons des pays qui produisent du pétrole. Le Nigeria est le 3ème producteur de pétrole au monde. Nigeria, Algérie, Libye, Angola. De grands pays producteurs de pétrole. On a le pétrole sous toutes ses formes. On a l’uranium. Le Niger est le 2ème producteur mondial de l’uranium au monde. Nous avons des cours d’eau pour faire des barrages hydro électriques. Quand on parle d’énergie solaire, l’Afrique devrait rire. Parce que nul n’a le soleil plus que nous. Même quand tu dors la nuit, la chaleur du soleil est encore là. On a le vent pour l’énergie éolienne. On a tout et pourtant, vous arrivez dans les pays africains, il n’y a d’électricité ”. Pour Laurent Gbagbo, l’Afrique doit se donner les moyens de son développement. “Tant que vous n’avez pas fait le parcours initiatique, vous ne pouvez pas avoir ce que vous voulez”. Et c’est alors qu’il dit n’avoir jamais été un grand amoureux du Nepad. Pour lui, ce qu’il apporte de nouveau, “c’est une mendicité en groupe”.

 

 Il est convaincu qu’il y a un moyen plus simple de gagner de l’argent. “L’argent appelle l’argent”. Il suggère alors la création d’un fonds de garantie pour le développement. Parce qu’il ne croit pas que quelqu’un viendra les moyens de son développement à l’Afrique si ce les Africains eux-mêmes.

 Il propose que l’on fasse un prélèvement sur le produit de vente des principales richesses des pays africains pour alimenter ce fonds. Laurent Gbagbo pense que ce fonds sera suffisamment important pour financer le développement de l’Afrique.

 

Source: Notre voie

 

Mise en page:LEBAPTISTE

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