L'INTERVIEW EXCLUSIVE
publié le 06 Septembtre 2010
Interview exclusive - Campagne de Gbagbo et élection présidentielle - Blé Goudé sans détours - « Ce que j’ai décidé… » - «Mon plan pour Gbagbo » - « Mon rôle, c’est de contenir Ouattara »
M. Blé Goudé, vous venez d’organiser en moins d’un mois, deux séminaires. L’un
avec les Agoras et Parlements et l’autre avec les ‘’Nouveaux Majeurs’’ pour mobiliser les jeunes. La campagne électorale est-elle déjà lancée pour vous ?
C.B. G. : Mais, elle est lancée pour tout le monde. Tout le monde est sur le terrain, c’est pourquoi nous sommes
aussi sur le terrain. Le président Laurent Gbagbo a bien voulu nous confier la mobilisation de la jeunesse, c`est-à-dire l’organiser, la mobiliser, l’orienter et la motiver pour que cette
jeunesse puisse voter en sa faveur. Pour le faire, il nous faut une boussole, il nous faut un minimum d’organisation et d’orientation. Vous devez comprendre que les équipes qui remportent les
batailles sont celles qui sont les mieux organisées. Et ces équipes doivent connaître les raisons pour lesquelles elles vont à la bataille. C’est pourquoi j’ai bien identifié les entités qui
composent la jeunesse apte à voter pour leur donner les arguments et les instruments pour aller à la conquête de l’électorat. Il s’agit de leur permettre d’aller bien vendre le produit Gbagbo, le
meilleur actuellement sur le marché politique en Côte d’Ivoire.
Quelle va être votre stratégie de campagne ?
C.B. G. : Souffrez que je ne vous livre pas
toutes nos stratégies mises en place pour faire triompher Gbagbo au premier tour. Retenez seulement que j’ai demandé aux jeunes d’inonder le pays et de porter le candidat Laurent Gbagbo dans
chaque foyer de la Côte d’Ivoire. C’est vrai que notre candidat a un passé politique qui convainc, c’est vrai qu’il est connu. Mais il faut que ses idées soient connues, que ses intentions soient
connues. Parce que l’homme veut le pouvoir, mais qu’est-ce qu’il veut en faire. C’est de cela qu’il s’agit. C’est cela que j’ai demandé à mes amis d’expliquer aux Ivoiriens. Après les Agoras et
Parlements, puis les ‘’Nouveaux Majeurs’’, nous allons avoir une rencontre avec les jeunes houphouétistes le jeudi 26 août 2010. Mais bien avant, nous allons travailler avec la jeunesse Wê et Dan
parce qu’il faut savoir comment la Côte d’Ivoire vote. Quelles sont les habitudes de vote ? Quand vous ne connaissez pas tout cela, vous prêchez dans le vide et vous avez l’impression que vous
faites une campagne électorale alors qu’il n’en est rien. En tout cas, en tant que directeur commercial du produit ‘’Gbagbo’’, je suis en train de former mes agents commerciaux, dont certains
sont déjà sur le terrain pour vendre notre produit. Pour le reste, sachez qu’en face de Gbagbo, il n’y a rien.
S’il n’y a rien en face de Gbagbo, pourquoi cette débauche d’énergie de votre part pour assurer sa victoire
?
C.B. G. : Je voudrais vous dire que je suis sûr de la victoire de mon candidat. Mais, vous savez que les meilleurs footballeurs mondiaux
tels Christiano Ronaldo, Didier Drogba, Kaka s’entrainent toujours quand ils ont un match à livrer, même contre une banale équipe. Il faut toujours être prêt pour aller à une bataille, qu’elle
soit politique ou sportive. Au cours d’une élection, rien n’est acquis, au cours d’une campagne électorale, rien n’est acquis. Les lignes bougent. Mais comment faire pour que les lignes bougent
en notre faveur, en faveur de notre candidat ? C’est pour cela que nous continuerons de battre campagne jusqu’à la dernière minute du coup d’envoi. Et nous ne voulons pas battre une campagne
classique. Je voudrais vous dire, toute modestie mise à part, que j’ai décidé de mettre à la disposition de mon candidat tout ce que j’ai acquis comme connaissance politique, comme expérience
politique, tout ce que j’ai comme amitié dans le monde politique, ici comme ailleurs. En fait, j’étais un engagé volontaire, mais maintenant, le candidat Gbagbo m’a mis officiellement en mission.
Vous savez, il y a ceux qui sont appelés obligatoirement au drapeau et il y a ceux qui sont les engagés volontaires. Moi, j’étais au départ un engagé volontaire, aujourd’hui mis en mission pour
le candidat Gbagbo. L’élection présidentielle prochaine, pour moi, contient beaucoup de choses. Des résultats de cette élection dépendra l’avenir de la Côte d’Ivoire. Avec qui on construira la
Côte d’Ivoire de demain ? Là est la question.
L’élection présidentielle, c’est pour le 31 octobre 2010. Cependant, l’établissement de la liste électorale provisoire et la question du
désarmement risquent à nouveau de compromettre cette échéance. Que faut-il faire selon vous ?
C.B. G. : Ça, ce n’est pas mon travail. Il
faut qu’en ce moment, chacun joue son rôle. Moi je suis chargé de motiver les jeunes et de les organiser pour qu’ils fassent gagner le président Gbagbo. Il y a des équipes technique, juridique et
politique aux côtés du président Gbagbo dont le rôle est de régler les questions de liste électorale, de désarmement et autre. Moi je suis sur le terrain. Pour ne pas être surpris, maintenant que
la date est connue, je suis en campagne et je ne suis pas chargé de ces questions bien qu’elles revêtent une importance capitale pour moi. J’encourage ceux qui sont en charge de régler cette
question de le faire avec beaucoup de minutie et de rapidité pour qu’on aille aux élections et pour qu’on sache enfin qui des candidats en lice, représente quoi dans ce pays.
Faut-il croire que le 31 octobre sera, cette fois, la bonne pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire
?
C.B. G. : Je dis toujours qu’en politique, on n’est pas à l’église. A l’église, on croit en Dieu ; en politique on agit, on réfléchit et
on pose des actes. La date du 31 octobre 2010 a été fixée et en ce qui me concerne, je demande à toute la jeunesse qui veut une révolution en Côte d’Ivoire, à toute la jeunesse qui veut une Côte
d’Ivoire nouvelle dans les 50 années à venir, de savoir avec qui il faut construire la Côte d’Ivoire de l’avenir. Je leur demande de se mettre en ordre de bataille autour du candidat Gbagbo qui
est l’espoir de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo qui est un candidat ivoirien mais qui est candidat pour l’Afrique. Je leur demande de se mettre en ordre de bataille autour de Laurent Gbagbo pour
sauver la Côte d’Ivoire, pour que la Côte d’Ivoire puisse conquérir sa liberté. Car le 31 octobre, au-delà des programmes de gouvernement, nous allons conquérir notre liberté. Les Ivoiriens iront
conquérir leur liberté définitive, avec Gbagbo en tête. Savez-vous qu’un esprit qui est opprimé ne peut pas produire, un esprit qui a peur ne peut pas produire ? C’est pour cela que Gbagbo nous
donnera notre liberté et lorsque nous aurons notre liberté, il va libérer les esprits et vous allez voir le boom économique qui va avoir lieu en Côte d’Ivoire.
Le camp présidentiel auquel vous appartenez n’a pas encore aplani ses divergences internes. Ne faut-il pas craindre pour le candidat
Gbagbo ?
C.B. G. : Nous, nous n’avons rien à craindre. C’est vous qui voyez des divergences partout. D’ailleurs, si tel était le cas, mais cela
n’est pas exclusif au camp de Gbagbo. Partout dans le monde, dans les coalitions politiques, dans les partis politiques, dans les directions de campagne, il y a un peu de ça. Il y a de petits
achoppements mais il ne faut pas en faire un drame. Tant que nous travaillerons ensemble, on va se fâcher mais il ne faut pas laisser l’essentiel pour les petites crises. Moi je pense qu’il faut
avancer avec tout ça. Nous-mêmes en tant membres de la direction de campagne, en tant que membres du camp présidentiel, on doit éviter de prêter le flanc. En tout cas moi, je ne suis pas pour
qu’on règle nos problèmes dans la presse. Ceux qui parlent de malaise dans le camp présidentiel, ils se trompent. Au RDR, ces problèmes de positionnement existent, au PDCI ces problèmes existent.
Partout ces problèmes de positionnement existent, pourquoi vouloir en faire un drame ?
L’affaire Koulibaly-Tagro n’a-t-elle pas eu une incidence négative sur la campagne du candidat de la majorité présidentielle
?
C.B. G. : Ce débat est derrière nous et je souhaite qu’on n’y revienne plus. C’est un problème qui a eu lieu à un moment précis et je
pense qu’il faut éviter de remuer le couteau dans cette plaie qui est en train d’être cicatrisée. Je pense que la gloire des leaders que nous sommes n’est pas de perdurer dans les crises qui se
posent à nous, c’est notre capacité à rebondir, à régler ces problèmes qui se posent à nous. Et quelles sont les voies que nous utilisons pour les régler. Je pense que cette crise est derrière
nous. N’en parlons plus jamais.
Vous serez, samedi 21 et dimanche 22 août, dans l’ouest montagneux, précisément à Bangolo et Man. Qu’est-ce qui vous y conduit
?
C.B. G. : Je vais à l’ouest comme j’irai partout en Côte d’Ivoire, comme j’ai été à Korhogo, comme j’irai à Odienné. J’irai partout. Je ne
vais pas à l’ouest pour faire seulement un meeting à Man, je vais à l’ouest pour faire le tour des villages, pour parler aux gens de Laurent Gbagbo. Vous savez que les Dan et les Wê, populations
autochtones majoritaires de cette région, se sont opposés à un moment donné avant de se réconcilier grâce aux chefs et aux aînés. La jeunesse de cette région ne peut pas être en marge de cette
réconciliation. C’est ce qui explique l’organisation de cet important rassemblement à Man, que nous avons baptisé ‘’Carrefour de la victoire ’’. Les jeunes Wê viendront de Toulepleu, de
Bloléquin, de Guiglo, de Duékoué, de Bangolo et les jeunes Dan viendront de Bin-hounien de Zouan-hounien, de Danané, de partout. Nous allons nous rencontrer au stade Léon Robert de Man le
dimanche 22 août, à partir de 10h. Et là, je parlerai aux jeunes Wê et Dan. Je leur dirai qu’il faut taire notre petit orgueil, je leur dirai qu’ensemble autour de Gbagbo, nous serons forts pour
libérer la Côte d’Ivoire et toute l’Afrique. Je pense que malgré la crise, Laurent Gbagbo essaie de développer comme il peut la Côte d’Ivoire. Il a électrifié 10 fois plus de villages en 10 ans
de guerre que le PDCI qui, en 40 ans ne l’a pas fait. Je le dis parce que cela est important. Regardez la courbe économique de la Côte d’Ivoire au niveau des finances. Prenez les indices sous
Ouattara en tant que Premier ministre et qui se dit économiste, prenez les indices sous Henri Konan Bédié qui était président de la République de 1993 à 1999, prenez les indices sous Laurent
Gbagbo de 2000 à 2010 et faites la comparaison. Vous verrez que quand Ouattara était Premier ministre, la Côte d’Ivoire était en paix, quand Bédié était président, la Côte d’Ivoire était en paix.
Comparez ces deux indices aux indices sous Laurent Gbagbo qui a travaillé sur une moitié du pays en pleine crise armée. Lui qui est historien et qui a en face, ceux qui se disent économistes.
Bédié a été ministre de l’Economie et des finances, Ouattara a été un grand financier, mais je pense que les Financiers ne se trouvent pas là où le regard est. Laurent Gbagbo est une chance pour
la Côte d’Ivoire.
Les derniers déplacements de M. Ouattara, président du RDR, à l’intérieur du pays ont drainé un monde fou. Cela ne vous fait-il pas peur
?
C.B. G. : Non, pas du tout ! Ouattara mobilise autant de foule que moi Blé Goudé. Ouattara mobilise les mêmes foules que moi Blé Goudé. Les
mêmes places que je remplis, c’est ce que Ouattara remplit. Mais la différence, c’est qu’il le fait uniquement dans le nord du pays qu’il présente comme son fief. Dites à Ouattara qu’on ne
commence pas une campagne électorale dans son fief. Je vous ai dit que ce monsieur ne connaît rien de la politique. D’ailleurs, Ouattara fait face en ce moment à l’équipe junior de Laurent Gbagbo
qui mobilise les mêmes foules que lui. Imaginez-vous que quand notre champion, qui est actuellement dans les vestiaires en train de s’échauffer, va effectuer sa rentrée sur le terrain. Mais
Gbagbo va faire deux fois plus de foule que Ouattara. Laurent Gbagbo va remporter ces élections et nous nous préparons pour cela. Ouattara ne peut pas se comparer à Gbagbo, c’est pourquoi je dis
qu’il n’y a rien en face. Mon rôle est de contenir Ouattara et de l’égaler dans les foules en attendant que Laurent Gbagbo entre en scène, et vous le verrez dans les semaines à venir. Je vais à
Man pour prouver que même dans les zones dites assiégées, l’équipe junior de Laurent
Gbagbo joue jeu égal avec Ouattara.
Que retenez-vous de ces 50 ans de la Côte d’Ivoire ?
C.B. G. : J’ai un groupe d’étude avec lequel nous avons réfléchi sur le cinquantenaire de l’Afrique. Beaucoup ont festoyé, vous m’avez vu en retrait. Ma question principale était celle-ci : 50
années de dépendance ou 50 années d’indépendance ? C’est la question que je me suis posée. Les pays africains ont-ils réellement été indépendants pendant 50 ans ? Quand notre monnaie est gérée
par le Trésor français, quand nos pays sont presqu’occupés par l’armée française avec des bases militaires partout, ils ne sont même pas encore partis, quand la France est encore le porte-parole
de la plupart des pays francophones à l’ONU, quand nous ne décidons pas encore réellement pour nous-mêmes, par nous-mêmes et de nous-mêmes, sommes-nous réellement indépendants ? Pour moi, ce
cinquantenaire est le lieu de faire le bilan des erreurs commises, des faiblesses, des raisons qui amènent jusqu’aujourd’hui les anciennes puissances à continuer de nous dominer. Et comment s’en
démarquer ? Comment expliquons-nous qu’il y a quelques années, nous étions au même niveau de sous-développement que les pays asiatiques tels que le Chine et qu’aujourd’hui, ces pays- là sont en
train de concurrencer les économies occidentales pendant que nous travaillons encore avec la daba ? Voilà autant de questions qu’on doit se poser puis dresser un bilan. Une fois qu’on a fait ce
bilan, que voulons-nous faire de l’Afrique dans les 50 années à venir et avec qui voulons-nous construire cette Afrique ? Avec des leaders avertis à mon avis.
Vous êtes donc pour une rupture pour les 50 années à venir ?
C.B. G. : L’heure est arrivée d’opérer une rupture. On n’opère pas une
rupture de manière brutale. On opère une rupture dans les comportements, dans les mentalités, dans la manière de faire, on opère une rupture dans les attitudes. On ne doit pas se résigner à être
toujours supporté par les autres. Comment nous libérons-nous ? Quel est le système que nous choisissons ? Cher ami, je pense qu’il nous faut des leaders qui eux-mêmes sont des instruments de
notre libération et de notre liberté. C’est pourquoi je dis toujours aux jeunes gens de Côte d’Ivoire que le 31 octobre 2010, la Côte d’Ivoire va conquérir sa vraie liberté, avec Laurent Gbagbo à
la tête. Cet historien qui a pour avantage de connaître l’histoire de tous ces pays africains, donc qui sait comment éviter les pièges pour sortir la Côte d’Ivoire de l’ornière.
Réalisée par
TRA BI Charles
Source:L'Inter du 20-08-2010
publié le 20 aout 2010
A propos de Ouattara qui ne veut pas rendre la politesse au corps préfectoral - Martin Sokouri Bohui : “Celui qui veut gouverner doit respecter le corps préfectoral ''
Dans les causeries du vendredi de ce jour, le député Martin Sokouri Bohui s’intéresse aux déclarations guerrières d’Alassane Ouattara lors de sa dernière visite dans le nord, notamment à Niakara. Notre Voie : Des informations de plus en plus récurrentes font état de ce que le RDR continue de contester la radiation de la liste électorale des personnes dont même la preuve est faite qu’elles ne doivent pas y figurer. Et ce parti continue également de menacer tous ceux qui dénoncent les fraudeurs. Que pouvez-vous dire aux Ivoiriens pour les rassurer sur ce point dont dépend la crédibilité de l’élection ? Martin Sokouri Bohui : Le RDR est toujours dans sa logique de violence et de fraude. Depuis qu’il existe, je n’ai jamais vu ce parti proposer quelque chose qui puisse aller dans le sens des intérêts des Ivoiriens. Au moment où nous camp présidentiel dénonçons les fraudeurs, le RDR brandit les sanctions qu’encourent les dénonciateurs. Pire, il les menace de mort. Et quand nous affirmons que ce parti est violent, les responsables de ce parti estiment que c’est un faux procès qu’on leur fait. Alors que chaque jour ils apportent la preuve que leur parti est un parti qui a basé toute sa stratégie sur la violence et la fraude. Sinon comment comprendre que, quand la guerre est survenue, ce sont les militants du RDR qui étaient les rebelles et que ce sont les journaux proches de ce parti qui ont fait l’apologie de cette guerre. Aujourd’hui où on parle de radiation de la liste électorale des fraudeurs, c’est encore le RDR qui s’y oppose avec violence en se faisant passer pour les champions de la défense de ceux-ci. Mais ce n’est pas étonnant, car leur mentor, présenté par eux-mêmes comme le candidat des étrangers, ne peut que compter sur la fraude pour espérer se faire une place au soleil. Mais je voudrais dire aux Ivoiriens que nous ne le laisserons pas faire. Le chien aboie et la caravane passe. Nous mettrons tout en œuvre pour qu’aucun fraudeur ne figure sur la liste électorale. Mais, s’il se trouve qu’il y a quelques fraudeurs qui passent à travers les mailles du filet, ils n’influenceront pas le vote des Ivoiriens qui sont décidés à plébisciter le président Gbagbo au premier tour du scrutin présidentiel. Cela dit, le RDR doit comprendre que la violence appelle toujours la violence. Ils ont amené la guerre dans ce pays qui a coûté à la vie des milliers d’Ivoiriens. Mais, au nom de la paix, nous les survivants de cette guerre, nous avons pardonné. Qu’il sache qu’il existe en l’Homme un instinct de survie. Il est donc grand temps que le RDR quitte le terrain de la violence, car ce n’est pas avec la violence que notre pays, la Côte d’Ivoire, fera un saut qualitatif dans le concert des nations. N.V. : Vous parlez justement de violence. Lors de sa dernière tournée dans le nord, le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara, a encore affirmé que les rebelles ont eu raison de faire la guerre et il les encourage à aller jusqu’au bout de leur logique qui est de faire de lui le président de la République. Qu’est-ce que cela vous inspire ? M.S.B. : Cela ne me surprend pas. Car, en disant cela, Ouattara confirme simplement ce que les Ivoiriens savaient déjà. A savoir que c’est bien lui le vrai chef de la rébellion. Et je pense que ceux qui hésitaient encore à le croire sont maintenant édifiés par Ouattara lui-même. Cela dit, je voudrais dire que nous dormions quand Alassane Ouattara a attaqué la Côte d’Ivoire pour tenter de renverser le régime du président Gbagbo. Mais, malgré cela, il a échoué. Sur ce point, nous savons qu’il a été trompé par ses stratèges qui lui ont fait croire que c’était le moment d’attaquer. Puisque, pour ces derniers, le président Gbagbo n’était pas encore bien assis et qu’il était donc vulnérable. Aujourd’hui, les données ont changé. Car nous savons très bien que Ouattara peut attaquer à tout moment. Nous en sommes persuadés et nous en sommes parfaitement conscients. Et nous connaissons l’homme avec ses ambitions démesurées. Vouloir être président par tous les moyens d’un pays qui n’est pas le sien. Nous nous sommes rendus compte que Ouattara n’avait pour seul moyen que la guerre pour réaliser ce noir dessein. Et comme il sait très bien qu’il ne sera pas élu par les Ivoiriens, la seule voie qui est la sienne depuis toujours est celle de la guerre. C’est dans cette logique qu’il continue de galvaniser les rebelles afin que ceux-ci achèvent le travail qu’ils ont commencé dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. C’est ce qu’il a dit hier à Bouaké et c’est encore ce qu’il vient de dire à Niakara. Mais nous ne nous laisserons plus nous surprendre. Ne dit-on pas que quand on a été une fois mordu par un serpent, on se méfie du verre de terre ? Ouattara fait partie de la classe des hommes politiques qui font le malheur de l’Afrique. Mais, heureusement, cette vague d’hommes politiques qui tirent l’Afrique vers le bas est en train de disparaître. Je dirai même que Ouattara fait partie de la dernière génération de ce spécimen. Car les intellectuels africains soucieux du devenir de notre contient ne peuvent accepter que ce genre d’individus qui n’ont d’yeux que pour leur nombril au détriment des intérêts de l’Afrique prospèrent. En ce qui nous concerne, la seule voie qui compte est celle des urnes. C`est-à-dire le choix dans la transparence de nos responsables par le peuple en toute souveraineté. Nous avons donc le devoir de faire la promotion de la transparence des élections. Car c’est la seule voie qui peut permettre à notre continent d’exploser en termes de développement. C’est cette voie que le président Gbagbo a choisie pour la Côte d’Ivoire. C’est ce que le peuple ivoirien a compris. Et c’est pour cela que les Ivoiriens le suivent et qu’ils sont déterminés à le plébisciter le 31 octobre prochain. En revanche, ils sont prêts à rejeter les abonnés à la violence et à la fraude. N.V. : Il nous revient également qu’au cours de cette même tournée, le président du RDR a refusé de rendre visite au corps préfectoral sous prétexte que celui-ci est aux ordres du président de la République. M.S.B. : Mais qu’est-ce qui vous étonne ? Ouattara est même le chef de la rébellion. Et ça, c’est connu de tous. Et ce sont les rebelles qui ont chassé le corps préfectoral et toute l’administration dans les zones dites CNO. Si Ouattara rend visite au corps préfectoral, c’est qu’il rentre dans la République. Or, justement, il ne veut pas rentrer dans la République. En refusant donc de rendre la politesse au corps préfectoral, Ouattara est dans sa logique de rebelle. Mais le paradoxe, c’est que lui qui refuse de rentrer dans la République, veut être président de cette même République. Or, pour être président de la République, il faut avoir un parcours initiatique dans cette République. C’est au bout de ce parcours qu’on devient président de la République. Ce n’est pas en galvanisant les rebelles. Alassane Ouattara a été Premier ministre du président Houphouët avant d’entrer dans la rébellion en 2002. Et s’il n’était vraiment pas englué dans la rébellion, il aurait su qu’un préfet, c’est le représentant du gouvernement, mieux, du Premier ministre et du président de la République. Refuser, lui qui a été Premier ministre, de rendre les civilités à un préfet ou à un sous-préfet sous prétexte qu’il est aux ordres du président de la République, c’est un non-sens. Celui qui veut être président de la République doit respecter le corps préfectoral. Je demande donc à Ouattara d`abandonner la voie de la violence et de rentrer dans la République. Dans un pays civilisé, ceux qui ont gagné les élections gouvernent et les autres s`opposent sans faire la guerre. Il est vrai que Ouattara est mon adversaire, mais il est de mon devoir de lui donner quelques conseils. N.V. : Ouattara a dit aussi qu’il veut être président de la République pour «changer la Constitution et remettre à leur place ceux qu’on appelle les étrangers». Quelle est votre réaction ? M.S.B. : Quand on a décidé de faire la politique, c’est pour améliorer les conditions de vie de l’ensemble des populations du pays. Mais Ouattara, lui, a décidé de travailler pour une partie des populations ivoiriennes. Mais la guerre qu’il a envoyée a permis à nos frères du nord car c’est d’eux qu’il s’agit - de comprendre que cet homme ne travaille que pour lui-même et non pour leur bonheur. C’est donc un discours qui vise à se faire accepter par les populations du nord et espérer ainsi avoir une base électorale. Ce discours-là ne peut plus prospérer. Il ne tient plus la route. A preuve, c’est par milliers que certains de nos frères du nord qui avaient cru en Ouattara se déversent aujourd’hui dans le camp présidentiel. N.V. : Et pourtant, le président du RDR draine du monde à chacun de ses déplacements. M.S.B. : J’ai déjà répondu à cette question. Et j’avais dit que Ouattara aura toujours des gens à ses meetings. Ce sont ceux qui se reconnaissent en lui qui affluent à ses meetings, parce qu’ils sont certainement dans la même situation que lui. Ne perdez jamais de vue que partout où passe Ouattara, ce sont les mêmes membres de son cercle qui se retrouvent à ses meetings. C`est-à-dire les fanatiques de son cercle qui sont encore sous l’effet de son mensonge. Qu’il soit au nord, au sud, à l’est, à l’ouest ou au centre, ce sont les mêmes qui suivent le président du RDR. A la différence du président Gbagbo et des autres leaders dont le public varie selon l’endroit où ils se trouvent. Quand le président Gbagbo est au nord, ce sont les gens du nord qui sont à ses meetings. Quand il est au sud, ce sont les gens du sud qui y viennent. Quand il est à l’est, ce sont les gens de l’est qui sont autour de lui. Quand il est à l’ouest, ce sont les gens de l’ouest qu’on retrouve à ses meetings. Il en est de même pour le centre de la Côte d’Ivoire. Et donc la foule que nous voyons aux meetings de Ouattara ne m’a jamais ébranlé. On ne gagne pas une élection avec les membres d’un cercle et nombreux de ceux qui sortent quand Ouattara passent n’ont pas le droit de vote. Cette foule mécanique vise à faire croire à la communauté internationale que Ouattara a une assise populaire. C’est de la mystification comme il en a l’habitude. Et pourtant, il n’en est rien. En réalité, Ouattara ne représente rien en Côte d’Ivoire en dehors de son cercle d’initiés toujours présents à ses meetings. Le prochain scrutin présidentiel le démontera.
Entretien réalisé par Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr
Source:Notre voie du 20/08/2010
Malick Tohé par ici, Malick Tohé par là. Qui est réellement l’homme ?
IL fait partie des personnes les
plus adulées par la jeunesse ivoirienne. Jeune, généreux et courtois, Malick Tohé est plus connu dans le monde du show biz que pour le travail qu’il abat depuis quelques années à la tête du
Système de Suivi du Travail des Enfants dans le cadre de la certification du cacao ivoirien (SSTE). Et pourtant, le Conseiller spécial du premier ministre dit n’avoir aucun rapport particulier
avec ce monde qu’il dit seulement connaître que de loin. Pour la première fois, Malick Tohé s’est ouvert à un quotidien ivoirien. Avec sa barbe de gentleman, celui que certains artistes appellent
affectueusement « Président Malick Tohé » retrace son parcours professionnel, parle de ses rapports avec Guillaume Soro et de sa nouvelle mission dans la filière café-cacao.